… Ou l’histoire incroyable de Tété venant me rendre visite !
Et pour cela, elle n’a pas choisi la facilité : choisissant le week-end le plus froid depuis que je suis à Berlin, dédaignant les chaudes températures de l’été, elle a décidé de venir le week-end dernier. Comme elle le dit si bien elle-même : « après tout, je n’ai jamais vu Berlin qu’en hiver, sous un ciel gris, alors pourquoi changer ? ». Car notre Théréz n’est pas une novice, ça non. Déjà venue deux fois à Berlin, elle m’a gentiment épargné le circuit mille fois traversé de la Porte de Brandebourg au Berliner Dom. Et m’a demandé à la place un week-end underground, histoire de découvrir l’autre Berlin, celui qui bouge.
Ni une ni deux, je lui ai concocté un programme ultra dense, car nous n’avions que 3 jours.
Samedi matin, je m’extrais péniblement de mon lit aux aurores, pour aller chercher Tété à l’aéroport, car elle a eu la bonne idée d’atterrir à Schönefeld, et non à Tegel, qui se trouve à 15 minutes en bus de chez moi. Alors que là, une heure, deux bus et quasiment une ligne de métro entière plus tard, me voilà arrivée à Schönefeld. Tout de même, elle aurait pu se donner la peine de détourner l’avion histoire de le faire atterrir à Tegel, mais bon…
Nous voilà sur le chemin du retour, après avoir soigneusement sélectionné notre S-Bahn (montées dans un, ressorties en vitesse parce que j’ai cru que ce n’était pas le bon, puis remontées parce que, ah bah si, en fait, c’était bien celui-là). Au passage, on va acheter un bretzel, parce que bon, faut pas abuser, il est midi et Tété s’est levée à 5h ce matin (pour Thérèse, hip hip hip !). Détour par le Wohnheim pour déjeuner, poser les affaires et nous voilà reparties pour une grosse après-midi à arpenter Berlin. Nos pas nous ont d’abord menées sur Ku’Damm, parce que Thérèse veut voir le KaDeWe. Puis détour par le Tiergarten pour une promenade des plus rafraîchissantes, lors de laquelle nos pas nous ont menées devant le château Bellevue (résidence du Président, NDLR). Retour au chaud, mais pas pour longtemps, car le Weihnachtsmarkt (marché de Noël) nous appelait. Je dois dire que c’était très joli, et on a testé la Bratwurst et le Glühwein (vin chaud) dans des mugs archi kitsch, source de beaucoup de blagues (t’en es où toi ? à un père Noël et demi…).


Puis nous décidons de prendre le bus jusqu’au café que j’avais sélectionné pour y prendre un verre dans la soirée. Un bus passe : « non t’inquiète Tété, c’est pas le nôtre, faut attednre encore ». Un deuxième. Et alors que Thérèse tentait de me réchauffer avec ses astuces de cheftaines, et tandis que nous chantions Santiano à pleine voix à l’arrêt de bus, Thérèse fait brusquement remarquer que bon, il devrait pas être déjà arrivé ? Ben si. Mais vérifications faites, il ne risque pas de passer, car… on a loupé le dernier à 5 minutes près… Donc ni une ni deux, nos deux aventurières frigorifiées (mais si, on a fait exprès de laisser passer 2 bus, c’est un test d’endurance) grimpent dans le bus suivant, et finissent par arriver malgré tout au café en question, qui était archi plein, mais où nous avons fini par trouver une petite place dans un coin.

Puis fin de la journée, retour au bercail, papotages puis dodo. Dimanche matin, nous voilà parties pour le quartier de Friedrichshain, à l’autre bout de Berlin, pour prendre un brunch. Nos pas devaient ensuite nous mener vers un marché aux puces, qui était en théorie juste à côté. On ne l’a jamais trouvé (renseignements pris auprès de ma collègue, on était à une rue près ; mais en même temps, on me dit Boxhagener Platz, j’ai tendance à chercher sur la Boxhagener Strasse, pas celle d’à côté.

Une jolie façade croisée au hasard de nos déambulations...
Bref, nous abandonnons, et décidons de prendre le bus jusqu’à notre prochain but, la Karl-Marx Strasse. Croyez-le ou pas, le bus n’est jamais venu… Donc re-frigorification, on prend le tram à la place, puis le U-Bahn, et on finit par arriver sur cette avenue, qui était en fait l’endroit où tous les hauts dignitaires de la Nomenklatura étaient logés. Impressionnant d’architecture stalinienne, je dirais… On l’a descendue jusqu’à Alexander Platz, et ensuite, direction Potsdamer Platz, pour aller visiter le musée Neue National Galerie, dont le bâtiment récent, en verre et acier noir, a été conçu par Mies van der Rohe, et qui comprend des peintures expressionnistes et abstraites, datant des années 20 et 30. Mais avant ça, il est important de souligner que nos deux aventurières n’ont pas pu se retenir de retomber en enfance, le temps d’une descente d’une piste enneigée sur une grosse bouée. Court, mais intense. Plus tard, Thérèse me confiera qu’elle n’aurait pas « osé y aller seule »…

Et le lundi était déjà là… Je partis travailler, laissant Thérèse faire la grasse matinée. Elle avait décidé de visiter la nouvelle synagogue, devant laquelle nous étions passées la veille, et qui nous avait interpellées par sa beauté. Mais intérieur décevant selon Thérèse. Après une pause déjeuner ensemble, je retournais à ma réunion pour faire une présentation, tandis que Tété décidait de visiter le musée de Charlie Checkpoint, situé à quelques centaines de mètres de Total, et que je lui avais recommandé. J’avais décidé de tenter de partir très tôt du boulot pour pouvoir la raccompagner à l’aéroport, mais la réunion en a décidé autrement, et le soir, Théréz dut rentrer seule en France, retrouver le lendemain ses tableurs Excel.
Mais j’ai passé un excellent week-end, les fous rires et les délires furent nombreux, et maintenant, je commence à compter les jours avant de rentrer. Je tiens ici à remercier mon calendrier de l’Avent, au bureau, qui m’aide à tenir en m’offrant un jour sur deux une dose de magnésium (Charlotte ayant droit aux jours pairs…).