Aujourd’hui, je ne vais pas écrire des lignes sur moi, mais je vais plutôt vous faire partager un article que j’ai lu sur un blog d’une irlandaise à Berlin, écrit en 2008 certes, mais qui traite un thème intemporel qui ne changera pas en quelques années : pourquoi les Allemands ne draguent pas. Pour ne pas être accusée de plagiat, je vous mets le lien sur lequel je l’ai copié : http://berlin.cafebabel.com/fr/post/2008/04/05/Warum-deutsche-Manner-nicht-flirten.
Et pour accompagner cette lecture, je vous propose d’écouter une chanson allemande à laquelle cet article m’a fait penser, « Aurélie » par le groupe Wir sind Helden (Nous sommes des héros), des paroles de laquelle je vous propose une traduction à la fin. La chanson traite du désespoir d’une Française en Allemagne qui ne comprend justement pas pourquoi les Allemands ne l’abordent pas, ni leur façon de flirter.
(désolée, je n'ai pas encore trouvé comment insérer un lecteur de musique dans l'article donc je ne peux vous proposer que la vidéo youtube)
"Je vis depuis un an en Allemagne. Pourtant les quelques mots injurieux imbibés d’alcool que j’ai reçus un soir sont à peu près la seule expérience qui aurait pu ressembler à une tentative d’approche. J’espère seulement qu’il ne s’agissait pas initialement d’une technique de drague.
par Anna Patton (traduction: Sébastien Vannier)
Evidemment je serais prête à reconnaître que le problème vient de moi. En effet, je ne suis pas Angelina Jolie et je n’ai même pas de soutien-gorge rembourré. J’ai vraiment cru que c’était de ma faute. Jusqu’à ce que je me rende compte que je n’étais pas la seule à subir ce genre d’indifférence totale envers les charmes féminins.
Il apparaît même que, toutes les filles que je connais à Berlin souffrent du même désintérêt. Fiona qui habite depuis deux ans ici, n’était pas du tout surprise quand je lui ai fait part du fait qu’il était très difficile de rencontrer des hommes à Berlin : « C’est vrai – tu dois plus t’imposer – les Allemands ne font jamais le premier pas ». Carola m’a raconté qu’elle n’avait pas encore été draguée par un Allemand de toute sa vie : elle est Berlinoise. Les hommes ici ne tentent tout simplement pas de s’approcher.
Pourtant, encore une fois, je ne suis pas difficile. En effet, mes attentes se basent sur mes expériences avec la sympathique mais vaine culture anglo-irlandaise. Là-bas, le flirt ressemble rarement à plus qu’un mouvement maladroit vers l’élue au bar suivi d’un bégaiement incompréhensible. A des heures tardives de la nuit, une agression alcoolisée sur cette même fille au milieu de la piste de danse peut aussi se produire.
Mes rencontres intimes ont été jusque-là rarement romantiques ou mémorables (le sommet a été : « J’aime la façon dont la brise souffle dans tes cheveux » … nous étions à ce moment là dans le salon). Mais même ces paroles un peu niaises ou des gestes maladroits, si embarrassants que l’on est effrayé, donnent malgré tout l’impression de savoir à qui on a à faire. En Allemand, cet homme à l’air sérieux qui reste assis là pourrait être passionnément amoureux de toi et tu ne le sauras jamais.
Où est donc le problème ? Est-ce que les Allemands ne veulent pas draguer ? Ou ne sont-ils tout simplement pas capables de le faire ? Un genre de problème génétique – du style les Blancs ne savent pas rapper et les Européens ne savent pas danser ? Est-ce que l’apparition de l’étalon italien et du charmeur français il y a de cela des siècles a causé l’évolution de l’espèce allemande vers la direction opposée ? Une décision de Mère nature pour établir un équilibre pour les femmes en Europe ?
La réputation de l’incapacité des Allemands à draguer, et les anecdotes qui s’y rapportent, sont connues dans le monde entier. Les nombreuses « Flirt Schulen » et autres cours de drague situés en Allemagne ne feraient pas long feu dans les pays méditerranéens. Un rapport du Times Online compare les habitudes de drague dans différentes cultures. La conclusion était que les Allemands « voient la conquête d’une femme comme un sport extrême ». Il est clair que les Allemands ne s’intéressent pas trop à la prise de risque. Selon l’auteur de l’article, ils sont même victimes de « Venustraphobie » : la peur de parler aux belles femmes. Beaucoup pensent que cette crainte vient de l’émancipation massive de la gente féminine, qui aurait donc endossé le rôle du prédateur dans le jeu sexuel du chat et de la souris.
Ne serait-ce pas simplement le fait que les Allemands se comportent selon les règles que dicte la société ? Les Allemandes, dit-on, attendent des hommes de la retenue. Spiegel Online avait publié avant la Coupe du Monde de football en Allemagne en 2006 quelques conseils de drague pour les fans étrangers pour pouvoir réussir auprès des Allemandes. Selon l’article, les potentiels ambitieux devraient être prudents car même un simple « Hallo » (salut) serait trop direct. Dire « Hallo » ! Sommes-nous encore au 19e siècle ?
La station de radio Deutsche Welle, qui donne aussi des conseils aux étudiants du monde entier dans le domaine de la drague, appelle aussi à la prudence. En effet un « contact oculaire et un comportement correct » devrait rencontrer plus de succès qu’une « attitude exagérée de macho ». Il semble donc que la définition de la drague en allemande reste réduite à une rigidité impassible et dénuée de sentiment.
Pourquoi finalement les hommes ne draguent-ils pas ? Il s’agit, en partie, de s’adapter à certains standards : se faire siffler en tant que femme lorsqu’on se promène sur Unter den Linden serait sûrement exagéré. Mais je ne peux pas m’imagine que n’importe quelle Allemande aurait une raison valable pour être vexée en cas de tentative d’approche par un inconnu – il ne s’agit là que d’une excuse.
Il s’agirait plutôt du fait que les hommes ont peur du ridicule et c’est exactement le risque de la drague. Les Allemands n’aiment pas le risque. Ils aiment faire les choses de manière consciencieuse, et non pas spontanée ou irrationnelle. Oubliez les explications pseudo-génétiques ou culturelles. Les Allemands n’aiment tout simplement pas les sports à risque. »
"Aurélie" par Wir sind Helden
L'accent d'Aurélie est sans aucun doute très charmant
Même lorsqu'elle garde le silence, on la distingue
Elle ne lésine pas quant aux moyens d'attirer
Ainsi ses cheveux sont comme la mer et couleur blé
Et même chauve, chacun lui mangerait dans la main
Alors Aurélie ne comprend pas
Chaque soir elle se demande
Quand quelqu'un tombera-t-il amoureux de moi
[Refrain] x2
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils
Aurélie, les hommes t'aiment beaucoup
Regarde dans la rue comme chacun regarde derrière lui
Bien sûr tu ne le vois pas, car ils ne te sifflent pas
Et si toi-même tu siffles, ils prennent la fuite
Tu dois savoir qu'ici le moins amène souvent le plus
Hé Aurélie, en Allemagne l'amour a besoin de temps
Ici on est seulement après plusieurs jours, prêt au premier pas
Les semaines d'après on parlera
Si on sent que les choses peuvent être approfondies
Ensuite seulement on se rencontre quelque part
[Refrain] x2
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils
Aurélie tout n'est pas justement si facile
Ici les autres mots ont une toute autre signification
Tout les garçons sont à tes pieds
Voulant t'embrasser, te cajoler
Mais tu ne le vois pas
En effet ils parlent en même temps football
Hé Aurélie, tu dis que je dois t'expliquer
Comment les Allemands dans le monde ont pu se reproduire
Quand les fleurs et les abeilles à Berlin ne font que ricaner
En occupant le diable à comprendre la pollinisation
[Refrain] x4
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils
Et pour accompagner cette lecture, je vous propose d’écouter une chanson allemande à laquelle cet article m’a fait penser, « Aurélie » par le groupe Wir sind Helden (Nous sommes des héros), des paroles de laquelle je vous propose une traduction à la fin. La chanson traite du désespoir d’une Française en Allemagne qui ne comprend justement pas pourquoi les Allemands ne l’abordent pas, ni leur façon de flirter.
(désolée, je n'ai pas encore trouvé comment insérer un lecteur de musique dans l'article donc je ne peux vous proposer que la vidéo youtube)
"Je vis depuis un an en Allemagne. Pourtant les quelques mots injurieux imbibés d’alcool que j’ai reçus un soir sont à peu près la seule expérience qui aurait pu ressembler à une tentative d’approche. J’espère seulement qu’il ne s’agissait pas initialement d’une technique de drague.
par Anna Patton (traduction: Sébastien Vannier)
Evidemment je serais prête à reconnaître que le problème vient de moi. En effet, je ne suis pas Angelina Jolie et je n’ai même pas de soutien-gorge rembourré. J’ai vraiment cru que c’était de ma faute. Jusqu’à ce que je me rende compte que je n’étais pas la seule à subir ce genre d’indifférence totale envers les charmes féminins.
Il apparaît même que, toutes les filles que je connais à Berlin souffrent du même désintérêt. Fiona qui habite depuis deux ans ici, n’était pas du tout surprise quand je lui ai fait part du fait qu’il était très difficile de rencontrer des hommes à Berlin : « C’est vrai – tu dois plus t’imposer – les Allemands ne font jamais le premier pas ». Carola m’a raconté qu’elle n’avait pas encore été draguée par un Allemand de toute sa vie : elle est Berlinoise. Les hommes ici ne tentent tout simplement pas de s’approcher.
Pourtant, encore une fois, je ne suis pas difficile. En effet, mes attentes se basent sur mes expériences avec la sympathique mais vaine culture anglo-irlandaise. Là-bas, le flirt ressemble rarement à plus qu’un mouvement maladroit vers l’élue au bar suivi d’un bégaiement incompréhensible. A des heures tardives de la nuit, une agression alcoolisée sur cette même fille au milieu de la piste de danse peut aussi se produire.
Mes rencontres intimes ont été jusque-là rarement romantiques ou mémorables (le sommet a été : « J’aime la façon dont la brise souffle dans tes cheveux » … nous étions à ce moment là dans le salon). Mais même ces paroles un peu niaises ou des gestes maladroits, si embarrassants que l’on est effrayé, donnent malgré tout l’impression de savoir à qui on a à faire. En Allemand, cet homme à l’air sérieux qui reste assis là pourrait être passionnément amoureux de toi et tu ne le sauras jamais.
Où est donc le problème ? Est-ce que les Allemands ne veulent pas draguer ? Ou ne sont-ils tout simplement pas capables de le faire ? Un genre de problème génétique – du style les Blancs ne savent pas rapper et les Européens ne savent pas danser ? Est-ce que l’apparition de l’étalon italien et du charmeur français il y a de cela des siècles a causé l’évolution de l’espèce allemande vers la direction opposée ? Une décision de Mère nature pour établir un équilibre pour les femmes en Europe ?
La réputation de l’incapacité des Allemands à draguer, et les anecdotes qui s’y rapportent, sont connues dans le monde entier. Les nombreuses « Flirt Schulen » et autres cours de drague situés en Allemagne ne feraient pas long feu dans les pays méditerranéens. Un rapport du Times Online compare les habitudes de drague dans différentes cultures. La conclusion était que les Allemands « voient la conquête d’une femme comme un sport extrême ». Il est clair que les Allemands ne s’intéressent pas trop à la prise de risque. Selon l’auteur de l’article, ils sont même victimes de « Venustraphobie » : la peur de parler aux belles femmes. Beaucoup pensent que cette crainte vient de l’émancipation massive de la gente féminine, qui aurait donc endossé le rôle du prédateur dans le jeu sexuel du chat et de la souris.
Ne serait-ce pas simplement le fait que les Allemands se comportent selon les règles que dicte la société ? Les Allemandes, dit-on, attendent des hommes de la retenue. Spiegel Online avait publié avant la Coupe du Monde de football en Allemagne en 2006 quelques conseils de drague pour les fans étrangers pour pouvoir réussir auprès des Allemandes. Selon l’article, les potentiels ambitieux devraient être prudents car même un simple « Hallo » (salut) serait trop direct. Dire « Hallo » ! Sommes-nous encore au 19e siècle ?
La station de radio Deutsche Welle, qui donne aussi des conseils aux étudiants du monde entier dans le domaine de la drague, appelle aussi à la prudence. En effet un « contact oculaire et un comportement correct » devrait rencontrer plus de succès qu’une « attitude exagérée de macho ». Il semble donc que la définition de la drague en allemande reste réduite à une rigidité impassible et dénuée de sentiment.
Pourquoi finalement les hommes ne draguent-ils pas ? Il s’agit, en partie, de s’adapter à certains standards : se faire siffler en tant que femme lorsqu’on se promène sur Unter den Linden serait sûrement exagéré. Mais je ne peux pas m’imagine que n’importe quelle Allemande aurait une raison valable pour être vexée en cas de tentative d’approche par un inconnu – il ne s’agit là que d’une excuse.
Il s’agirait plutôt du fait que les hommes ont peur du ridicule et c’est exactement le risque de la drague. Les Allemands n’aiment pas le risque. Ils aiment faire les choses de manière consciencieuse, et non pas spontanée ou irrationnelle. Oubliez les explications pseudo-génétiques ou culturelles. Les Allemands n’aiment tout simplement pas les sports à risque. »
"Aurélie" par Wir sind Helden
L'accent d'Aurélie est sans aucun doute très charmant
Même lorsqu'elle garde le silence, on la distingue
Elle ne lésine pas quant aux moyens d'attirer
Ainsi ses cheveux sont comme la mer et couleur blé
Et même chauve, chacun lui mangerait dans la main
Alors Aurélie ne comprend pas
Chaque soir elle se demande
Quand quelqu'un tombera-t-il amoureux de moi
[Refrain] x2
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils
Aurélie, les hommes t'aiment beaucoup
Regarde dans la rue comme chacun regarde derrière lui
Bien sûr tu ne le vois pas, car ils ne te sifflent pas
Et si toi-même tu siffles, ils prennent la fuite
Tu dois savoir qu'ici le moins amène souvent le plus
Hé Aurélie, en Allemagne l'amour a besoin de temps
Ici on est seulement après plusieurs jours, prêt au premier pas
Les semaines d'après on parlera
Si on sent que les choses peuvent être approfondies
Ensuite seulement on se rencontre quelque part
[Refrain] x2
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils
Aurélie tout n'est pas justement si facile
Ici les autres mots ont une toute autre signification
Tout les garçons sont à tes pieds
Voulant t'embrasser, te cajoler
Mais tu ne le vois pas
En effet ils parlent en même temps football
Hé Aurélie, tu dis que je dois t'expliquer
Comment les Allemands dans le monde ont pu se reproduire
Quand les fleurs et les abeilles à Berlin ne font que ricaner
En occupant le diable à comprendre la pollinisation
[Refrain] x4
Mais Aurélie, cela ne fonctionne jamais ainsi
Tu t'attends à trop de choses
Les flirts allemands sont très subtils