samedi 28 août 2010


Et voilà, le blog reprend du service ! Toutes mes excuses pour cette interruption, mais j’ai reçu la visite de mon ami Geoffroy, puis de mes parents accompagnés de Lucas et Axel, et donc j’ai profité de leur présence.

Mais grâce à Geoffroy, voici enfin la présentation de la visite que nous avons faite ensemble, et aussi avec Sandy, une amie allemande. Nous sommes allés au camp de concentration de Sachsenhausen, qui se trouve à Oranienburg au nord de Berlin. Un peu d’histoire comme à mon habitude mais pas trop pour ne pas vous déprimer et vous assommer.

Il fut construit par des détenus du camp de l’Emsland au cours de l’été 1936 selon les plans d’un architecte SS, et devait représenter l’archétype du camp de concentration idéal pour donner corps à la vision nationale-socialiste du monde. Plus de 200 000 personnes furent internées à Sachsenhausen entre 1936 et 1945. S’il s’agissait au départ essentiellement d’opposants politiques au régime, le camp accueillit bientôt ceux que les nazis considéraient comme racialement ou biologiquement inférieurs. Des dizaines de milliers succombèrent à la faim, aux maladies, au travail forcé et aux sévices infligés, ou bien furent victimes des actions d’exterminations organisées par la SS. Un atelier de fausse monnaie y fut également installé. Il produisit environ 15 millions de livres sterling utilisées pour contourner le blocus anti-nazi. C'était l'opération Bernhard. Le camp fut évacué fin avril 1945 et là encore, des milliers de détenus périrent le long de routes. Environ 3000 malades, médecins et infirmiers laissés dans le camp au moment de l’évacuation, furent libérés les 22 et 23 avril 1945.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En août 1945, les services secrets soviétiques (NKVD) aménagèrent le camp spécial Nr. 7 dans ce qui avait constitué le cœur de l’ancien camp de concentration. Hormis les fours crématoires et les installations d’exterminations, la plupart des bâtiments du camp fut réutilisée dans son ancienne fonction. Ce camp spécial servait à l’internement de petits fonctionnaires du régime national-socialiste, mais aussi d’ « indésirables » politiques et de victimes d’une détention arbitraire. Environ 60 000 personnes y furent détenues jusqu’à la fermeture du camp en mars 1950, dont au moins 12 000 succombèrent à la sous-alimentation et aux maladies.

Parmi les personnalités internées dans le camp, on citera :
o Georges Mandel, homme politique français
o Paul Reynaud, homme politique français
o Fritz Thyssen, baron allemand de l'acier
o Kurt von Schuschnigg, ancien chancelier d'Autriche
o Herschel Grynszpan, assassin d'Ernst vom Rath, conseiller de l'ambassade d'Allemagne à Paris en 1938
o Francisco Largo Caballero, chef du gouvernement de la République espagnole au début de la guerre d'Espagne, arrêté en France.
o Iakov Djougachvili, fils aîné de Joseph Staline
o Stepan Bandera, homme politique ukrainien
o Salah Bouchafa, résistant algérien

Et pour ceux que ça intéresse, voici un lien assez intéressant selon moi : http://www.jewishgen.org/ForgottenCamps/Camps/SachsenhausenFr.html


L'entrée du camp




Traversée de la place d'appel (torture qui pouvait durer des heures, et qui avait lieu 3 fois par jour).



Vue de l'entrée de l'autre côté (photo très artistique de Geoffroy, je vous invite à laisser des commentaires élogieux, ça lui fera plaisir).





Monument commémoratif du Mémorial National et Lieu d'Appel à la Vigilance de 1961.

lundi 2 août 2010

Voici le récit de ma journée de dimanche, où je suis sortie de Berlin pour aller me promener à Dresde, qui est située à 200km au sud-un peu-ouest-mais-pas-trop de Berlin. Nous voilà parties, 3 filles (Daniela, ma voisine désormais ultra connue de tous, Gaby, ma copine du cinéma Openair, et moi) dans ma petite Clio, qui était bien contente de se dérouiller un peu les roues. Pause essence pour bien entamer la journée, et nous voilà parties à 8h du matin, sous un soleil qui s’annonce très présent. Et c’est Daniela qui a commencé : pourquoi y’a pas la clim ? Ben, tout bêtement parce que ma voiture, elle a 11 ans, et c’est une voiture toute simple, que j’aime beaucoup malgré les problèmes que j’ai eus avec, ok ? Donc stop la critique.
A 10h nous voilà arrivées à Dresden (ouais, je vous la fais à l’allemande) ; le temps de trouver un endroit pas trop loin du centre où on peut se garer sans payer (parce que même le dimanche, là où on cherchait, fallait payer ; alors pour une heure je veux bien, mais pour une journée de 8h, je suis moins d’accord), et nous voilà parties en vadrouille. On a commencé par prendre une douche, bien sûr ;







puis on s’est penchées sur l’art de rue. Si quelqu’un a une idée de ce que ce truc assez moche selon moi pouvait bien être…

"Tu crois que le pied exprime toute la quintessence d'une nature étrangement reliée de façon assez primaire à l'ordre oh combien naturel mais néanmoins saturé d'ondes positives ?" (si, elle a dit ça comme ça en allemand, et j'ai tout compris)

Gratte gratte... "Non, ça serait trop simple. Il doit y avoir une autre explication."

Et je tiens au passage à partager avec tous ceux qui me lisent et sont en vacances ce gentil message :

(Bonnes vacances !)

Puis nous voilà dans la Altstadt (la vieille ville). Petit moment « Guide du routard » pour mes lecteurs ignorants :



Dresde est la 3è ville de l’ex-RDA, après Berlin et Leipzig. Elle est surnommée la Florence de l’Elbe. Rasée à 90% pendant la guerre, et notamment les bombardements durant la nuit du 13 au 14 février 1945 (nuit du Mardi gras au Mercredi des Cendres… Sinistre ironie), il y aura entre 30 000 et 135 000 morts (j’ai pas plus précis désolée, faut demander au Routard). Le centre historique de la capitale de la Saxe sera reconstruit « pierre par pierre », et jouit d’un opéra ultra célèbre, le Semperoper, construit entre 1871 et 1878 dans le style Renaissance italienne. Entièrement détruit pendant la guerre, il a lui aussi été reconstruit à l'identique et inauguré en 1985.



et de très riches musées. La Frauenkirche (église des femmes) a également été reconstruite de zéro entre 1994 et 2005 (ça change des siècles pour construire Notre Dame)et a été reconsacrée en 2005. Ils ont réutilisé les anciennes pierres, noircies par le feu et le temps, et les ont mélangées aux nouvelles, en grès beige.



En 2002, il y a eu une crue majeure de l’Elbe et voici le niveau auquel l’eau est montée (on est sur le pont là) :





Voici quelques photos de monuments, qui sont tous plus ou moins regroupés au même endroit, au bord de la rive gauche du fleuve.

Le Zwinger (ce qui veut dire "donjon défensif", mais qui n'y ressemble plus trop...), palais restauré par les Russes.







"Oui, j'aime bien mon sac à dos."



"Merde, c'est pas clair ton guide Morgane."


Le Füsrtenzug (Procession des Princes). A l'origine une peinture murale (1589), reproduite ensuite du fait de sa fragilité sur 24 000 carreaux de faïence par la Manufacture de Meissen : 102 m de long sur 9 m de haut, 90 personnages. Indestructible : seulement 223 carreaux seront remplacés au lendemain de la guerre.





Ca, c'est une Trabant-Limousine :




Une jolie vue depuis le pont :




Une boîte à lettres marrante :



"Chaque pierre de la nouvelle ville porte de façon invisible les lettres : Paix."



Oui, j'aime bien les chevaux...



Encore l'opéra.





"Moi j'aime bien l'Allemagne".

"Ouais mais moi, chuis fatiguée."



Il était temps de rentrer...