- Nein, Morgaaaaaaaane.
- Ah ok, Mowgueune.
- Nein, aber nicht schlimm, ich werde verstehen...
Voilà mon supplice environ deux fois sur trois quand je rencontre une nouvelle personne. Je vous la refais en francais pour ceux qui en auraient besoin : Salut je m’appelle Morgane (là, tout est bien prononcé, le -a- est bien là, tout) – Comment ? Demain ? (eh oui, parce que la blague c’est que mon prénom est très proche du mot allemand pour demain, ahah qu’est-ce que c’est drôle hein ?) – Non, Morgaaaane (là, j’insiste bien, en ouvrant la bouche sur le -a-) – Ah ok, Mowgueune (prononcer Morgane avec l’accent anglais, chais pas trop comment ça s’écrit) – Non, mais ce n’est pas grave, je comprends (un peu blasée je suis, c’est pourquoi comme Maître Ioda je parle).
Et comme si ça ne suffisait pas de presque s’appeler demain, on m’a fait la blague du : Ah bah, t’appelleras tes enfants Heute (aujourd’hui) et Gestern (hier). Mais oui… Et le must, qui m’a légèrement vexée sur le moment (surtout quand on voit la tronche de certains noms allemands), ce fut :
« Mais… c’est ton vrai nom ? » -si si- et
« C’est pas un nom français si ? ». Ben, si.
Personnellement je connais plusieurs autres Morgane, et du coup, je leur explique que c’est un nom breton, d’origine celte, qui signifie « née de la mer » (voilà, comme ça, vous le saurez aussi). Non mais oh. Alors du coup, certains s’appliquent vraiment à essayer de le dire bien, donc ça c’est cool, et d’autres le disent à l’anglaise…
Vous comprendrez donc que lorsque je suis allée samedi à la soirée organisée par mon voisin Divyansh, les présentations ne furent pas toujours aisées… Mais j’y ai rencontré une Polonaise adorable, qui m’a tout de suite appréciée je crois (ou alors c’était la bière mais je ne crois pas) car après 2h, elle m’appelait sa Franzosin (Française, donc). J’y ai aussi fait la connaissance d’une Serbe, de plusieurs Indiens qui étudient des trucs d’ingénieurs avec Divyansh, et un Libanais, Fares. En fait, j’aime bien être étrangère ici, car du coup, ça aide vachement à engager la conversation. Et malgré le gros débat sur mon accent français, en allemand comme en anglais, dans l’ensemble, c’est plutôt jugé comme süß (mignon).
Ce week-end, à part faire la fête (ce qui en soi est déjà un programme non ?), j’ai testé un truc que-j-avais-jamais-fait-mais-qu-il-fallait-absolument-que-je-teste-un-jour-pour-faire-comme-dans-les-films-américains, j’ai nommé le cinéma OpenAir. En plus, là, c’était du décor Messieurs-Dames : dans la cour pavée du château de Charlottenburg, qui n’est pas très loin de ma résidence. Petite photo piquée sur Internet pour vous planter le décor (car mon appareil est toujours dans le coma) :
Donc je ne sais pas si vous voyez, mais c’était assez royal, c’est le cas de le dire. L’écran, immense, était situé à droite de la cour. Alors bon, coup, ce n’était pas un truc où tu regardes le film dans ta voiture, mais ça le valait, car quand tu arrives, on te distribue des chaises longues rayées bleu et blanc. Donc là, forcément, tu essaies d’avoir l’air plus intelligent que ton voisin en dépliant la chaise. En tout cas, pour moi, chaque été c’est la même chose : je redécouvre comment on ouvre une chaise longue (parce que c’est simple en fait, mais on peut y passer un peu de temps hein), je me promets de ne plus oublier… jusqu’à l’été suivant ! Donc une fois bien installés, j’ai vu mon premier film en allemand au cinéma (il y avait même les pubs rituelles au début, ils présentaient deux films qui sont je crois déjà sortis en salle depuis longtemps en France : Dragons, et The Ghost Writer – est-ce que la France a des sorties en salles plus tôt que l’Allemagne ?).
Le film s'appelait Ein Russicher Sommer (un été russe), et parlait de la fin de la vie de Tolstoï (sujet très culturel vous voyez) et c’était assez agréable de regarder ça, vautré dans une chaise longue, avec la lune dans le ciel derrière, un gros sweat-shirt et une couverture sur les genoux… Donc expérience à renouveler, j’ai adhéré !
Mais revoilà le début de la semaine, avec au programme la Stammtisch de mercredi prochain, à laquelle je veux emmener mon-copain-l’autre-stagiaire-français-de-Total, et Sandy, dont j’ai fait la connaissance à la plage il y a quelques semaines, et qui apprend le français.

