lundi 26 juillet 2010

Hallo, ich heiße Morgane !

- Wie ? Morgen ?
- Nein, Morgaaaaaaaane.
- Ah ok, Mowgueune.
- Nein, aber nicht schlimm, ich werde verstehen...

Voilà mon supplice environ deux fois sur trois quand je rencontre une nouvelle personne. Je vous la refais en francais pour ceux qui en auraient besoin : Salut je m’appelle Morgane (là, tout est bien prononcé, le -a- est bien là, tout) – Comment ? Demain ? (eh oui, parce que la blague c’est que mon prénom est très proche du mot allemand pour demain, ahah qu’est-ce que c’est drôle hein ?) – Non, Morgaaaane (là, j’insiste bien, en ouvrant la bouche sur le -a-) – Ah ok, Mowgueune (prononcer Morgane avec l’accent anglais, chais pas trop comment ça s’écrit) – Non, mais ce n’est pas grave, je comprends (un peu blasée je suis, c’est pourquoi comme Maître Ioda je parle).

Et comme si ça ne suffisait pas de presque s’appeler demain, on m’a fait la blague du : Ah bah, t’appelleras tes enfants Heute (aujourd’hui) et Gestern (hier). Mais oui… Et le must, qui m’a légèrement vexée sur le moment (surtout quand on voit la tronche de certains noms allemands), ce fut :
« Mais… c’est ton vrai nom ? » -si si- et
« C’est pas un nom français si ? ». Ben, si.
Personnellement je connais plusieurs autres Morgane, et du coup, je leur explique que c’est un nom breton, d’origine celte, qui signifie « née de la mer » (voilà, comme ça, vous le saurez aussi). Non mais oh. Alors du coup, certains s’appliquent vraiment à essayer de le dire bien, donc ça c’est cool, et d’autres le disent à l’anglaise…

Vous comprendrez donc que lorsque je suis allée samedi à la soirée organisée par mon voisin Divyansh, les présentations ne furent pas toujours aisées… Mais j’y ai rencontré une Polonaise adorable, qui m’a tout de suite appréciée je crois (ou alors c’était la bière mais je ne crois pas) car après 2h, elle m’appelait sa Franzosin (Française, donc). J’y ai aussi fait la connaissance d’une Serbe, de plusieurs Indiens qui étudient des trucs d’ingénieurs avec Divyansh, et un Libanais, Fares. En fait, j’aime bien être étrangère ici, car du coup, ça aide vachement à engager la conversation. Et malgré le gros débat sur mon accent français, en allemand comme en anglais, dans l’ensemble, c’est plutôt jugé comme süß (mignon).

Ce week-end, à part faire la fête (ce qui en soi est déjà un programme non ?), j’ai testé un truc que-j-avais-jamais-fait-mais-qu-il-fallait-absolument-que-je-teste-un-jour-pour-faire-comme-dans-les-films-américains, j’ai nommé le cinéma OpenAir. En plus, là, c’était du décor Messieurs-Dames : dans la cour pavée du château de Charlottenburg, qui n’est pas très loin de ma résidence. Petite photo piquée sur Internet pour vous planter le décor (car mon appareil est toujours dans le coma) :




Donc je ne sais pas si vous voyez, mais c’était assez royal, c’est le cas de le dire. L’écran, immense, était situé à droite de la cour. Alors bon, coup, ce n’était pas un truc où tu regardes le film dans ta voiture, mais ça le valait, car quand tu arrives, on te distribue des chaises longues rayées bleu et blanc. Donc là, forcément, tu essaies d’avoir l’air plus intelligent que ton voisin en dépliant la chaise. En tout cas, pour moi, chaque été c’est la même chose : je redécouvre comment on ouvre une chaise longue (parce que c’est simple en fait, mais on peut y passer un peu de temps hein), je me promets de ne plus oublier… jusqu’à l’été suivant ! Donc une fois bien installés, j’ai vu mon premier film en allemand au cinéma (il y avait même les pubs rituelles au début, ils présentaient deux films qui sont je crois déjà sortis en salle depuis longtemps en France : Dragons, et The Ghost Writer – est-ce que la France a des sorties en salles plus tôt que l’Allemagne ?).
Le film s'appelait Ein Russicher Sommer (un été russe), et parlait de la fin de la vie de Tolstoï (sujet très culturel vous voyez) et c’était assez agréable de regarder ça, vautré dans une chaise longue, avec la lune dans le ciel derrière, un gros sweat-shirt et une couverture sur les genoux… Donc expérience à renouveler, j’ai adhéré !
Mais revoilà le début de la semaine, avec au programme la Stammtisch de mercredi prochain, à laquelle je veux emmener mon-copain-l’autre-stagiaire-français-de-Total, et Sandy, dont j’ai fait la connaissance à la plage il y a quelques semaines, et qui apprend le français.

lundi 19 juillet 2010

Désolée...

Bon ok, je le reconnais ça fait une éternité et demie que je n’ai rien écrit, j’en suis désolée. Mais vos réclamations m’ont forcée à prendre la plume (ou le clavier, mais je trouve ça moins poétique).

En fait, j’ai malgré tout deux excuses, à mon avis très valables, pour n’avoir pas écrit plus tôt. La première, c’est que comme certains d’entre vous le savent, je suis revenue en région parisienne le week-end du 10/11 juillet. En fait, dans le çadre de mon stage, Total m’a envoyée travailler avec l’équipe française à Nanterre le jeudi 8 et le vendredi, donc mon séjour fut prolongé jusqu’au dimanche après-midi, histoire d’en profiter un peu. Je suis retournée dormir à Chatou, où je n’ai malheureusement pu voir aucun frère ou sœur, çar ils étaient tous partis en colo ou séjour linguistique divers... J’en ai profité pour voir des amis et me reposer. Donc vous voyez bien que durant ce week-end ci, je n’avais pas grand chose de Berlin à raconter ou montrer...

Et ma deuxième excuse, beaucoup plus grave, c’est que mon appareil photo est en train de rendre l’âme. Enfin en fait, je ne sais pas s’il est définitivement çassé ou non. Il a subi une inondation lorsque ma bouteille d’eau s’est ouverte dans mon sac á main il y a une semaine. Je croyais qu’il allait en réchapper çar il s’allumait encore après ça, mais depuis il ne s’allume plus et refuse de se laisser recharger (je veux dire que même si je le branche, ça ne fait rien). Donc désespérée, je sonne à la porte d’un voisin, qui a diagnostiqué un court-circuit (ce qui me paraît probable aussi), et pense qu’il suffirait de l’ouvrir, de le laisser sécher pour que tut reparte comme avant. Avant que je ne fasse une connerie, s’il y en a qui s’opposent à cette opération, manifestez-vous surtout !
Le fait que je n’aie plus d’appareil photo fait que c’est beaucoup moins rigolo d’écrire sur mon blog si je ne peux rien vous montrer...

Malgré tout, je peux vous raconter mon week-end, qui fut certes fatigant, mais très agréable. Je l’ai passé avec les Rey, qui sont les parents de Julien avec lequel je faisais du soutien scolaire à Chatou cette année, et donc le père travaille chez Total France et a transmis mon CV. Ils sont pour quelques jours à Berlin, et nous sommes partis à la découverte de Berlin, qu’ils ne connaissaient pas du tout. Les visites furent assez peu originales : le Reichstag, la Porte de Brandenburg, le quartier du Mitte, le KaDeWe (rebaptisé par M. Rey KGB pour l’ocçasion), le Gedächtniskirche et le Kufürstendamm pour samedi (j’ai déjà parlé de tout ça je crois). J’essayais de remplir aussi mon rôle de traductrice aussi bien que possible, mais je dois dire qu’au restaurant, je connaissais peut-être un mot sur trois sur le menu... Et le dimanche, on est allés du côté de chez moi, visiter le château de Sophie-Charlotte, que je connaissais déjà mais que j’ai revisité avec plaisir. Il faut d’ailleurs que je vous dise comment j’ai été considéré comme leur fille de 16 ans :
J’arrive à la çaisse, je me fais expliquer les tarifs, et ce à quoi ils correspondent exactement, çar comme dans tout monument, ce n’est jamais très clair... Il y avait la Familienkarte, pour 2 adultes et maximum 3 enfants. Alors on se dit que si je dis être leur fille, ça sera plus avantageux. Mais en même temps, je lui demande quel âge maximum doivent avoir les enfants. Réponse : 16 ans... Donc je finis par demander trois entrées, 2 adultes et un tarif réduit (moi). Et là, je n’ai toujours pas compris pourquoi, la dame prend une Familienkarte, et me dit : bon, pour aujourd’hui vous avez 16 ans ! C’était certes plus économique, mais ensuite, quand on est passés devant l’aire de jeux dans le parc du château (qui au passage n’était pas très bien entretenu, ce que nous avons trouvé dommage, çar la pelouse jaune juste derrière le château, ça fait tache...), voilà-t-y pas que j’entends M. Rey dire : on devrait s’arrêter 5 minutes, pour laisser jouer la petite ! J’avoue m’être retournée en me disant : quelle petite ? Et là, j’ai compris... Ça m’a fait pas mal rire, malgré tout.

Et ensuite, pour terminer la journée, je les emmenés Bernauerstraße, où il subsiste encore des restes du mur à l’emplacement originale, avec une exposition en plein air et une reconstitution grandeur nature de ce à quoi ça ressemblait, avec les miradors et les barbelés. Je l’avais déjà vu, mais ça fait toujours aussi bizarre... Le dernier à avoir tenté de passer le mur vers l’Ouest et à en être mort, c’était en mars 1989, seulement quelques mois avant le fin du Mur...
Et pour terminer cette journée chargée, nous avons mangé un Currywurst place de Brandenburg, c’était assez magique je dois dire.

Mais voilà, le week-end est encore une fois terminé, retour derrière un bureau jusqu’à vendredi prochain ! Cette semaine, mes deux maîtres de stage sont en vaçances, donc je me sens parfois un peu seule dans mon bureau... Tout le monde est en train de partir en vaçances, lorsque je veux parler avec quelqu’un, j’apprends qu’il ou elle est parti(e)... C’est un peu déprimant !

En attendant, je vous souhaite à tous une bonne semaine.
Tschüss !

dimanche 4 juillet 2010

Promenade...

Finalement, ce n’est pas tout pour aujourd’hui, j’ai encore plein de choses à vous raconter ! Aujourd’hui, chaleur encore et toujours (pour Justine : 35°C minimum, peut-être même à l’ombre), donc je n’étais a priori pas très motivée pour sortir… Et puis finalement, je me suis dit que c’était trop bête et donc, sur les conseils de Justine (merci Justine), me voilà partie pour le quartier de Prenzlauerberg, dont voici une description inspirée de mon guide du routard. Quartier le plus en vue de Berlin-Est, il fut longtemps le repaire des babas, punks, artistes marginaux qui l’animaient. Aujourd’hui, y vivent surtout des bobos trentenaires, jeunes, dynamiques, tendance, tout ça tout ça… C’était malgré tout le symbole de la faillite communiste : plus de 40 000 appartements vétustes, des terrains vagues, des squats, des façades délabrées :











La jeunesse berlinoise en avait fait son terrain de prédilection, et les boîtes, les cafés branchés se multipliaient. Désormais, le quartier est peu à peu rénové, les loyers ont doublé, et les façades se sont couvertes de couleurs bigarrées et les contrastes n'en sont que plus saisissants :





Le quartier a malgré tout conservé un côté bohème assez sympa, dont j’ai pu avoir un aperçu dans deux endroits. D’abord, un Eiscafé, le Kauf Dich Glücklich, qui est un rendez-vous populaire pour déguster des glaces et des gaufres. C’est tout petit, plein de monde et bruyant, mais assez sympathique, et il rempli d’un mobilier farfelu et bigarré :





Néanmoins, j’ai eu du mal à me faire comprendre, parce que j’ai demandé une glace avec une boule (After Eight, mmh), dans un cornet (sinon c’est le petit pot, mais moi, j’aime bien les cornets). Sauf que cornet se dit Waffel, tout comme gaufre… Donc voilà-t-y pas que le serveur a compris que je voulais une gaufre avec de la glace dessus ! Comme chez Starbucks, il me demande mon prénom pour le noter sur le ticket de caisse, et je le lui donne, me demandant quand même à quoi ça va bien pouvoir lui servir, et aussi pourquoi il ne me prépare pas ma glace. Là, il m’explique qu’on va la faire cuire et me l’apporter… Et là, je saisis l’erreur. Toute gênée, je lui explique… Et j’ai eu ma glace !

Le deuxième endroit assez bohème où je suis allée, c’était le Mauerpark (parc du mur). Il y a en effet un mur couvert de graffitis, mais attention, ce n’est pas un bout du Mur de Berlin. Et ce parc n’a en fait rien à voir avec notre concept du parc, bien entretenu, avec de jolies pelouses, des mamies et leurs chiens, et les canards sur le lac, ; c’est plutôt un très grand terrain, avec des endroits plein d’arbres et d’autres nus, où les Allemands s’installent pour bouquiner ou pique-niquer, et avec plein d’artistes qui chantent, ou jouent d’un instrument. Et notamment, c’est là que tous les dimanches, dans un amphithéâtre en pierre qui se trouve dans le parc, il y a un événement qui rassemble plein de monde, où pendant plusieurs heures, des jeunes et des moins jeunes viennent chanter. En allemand, ils appellent ça karaoké, mais ce n’est pas du tout le concept des paroles que tu dois suivre sur un écran. Ca se passe en plein air, et c’est apparemment très prisé, parce que c’était plein de monde ! Avec une très bonne ambiance je dois dire, sous un soleil écrasant (d’ailleurs, il y avait plein de vendeurs de bières et autres boissons fraîches). Voici un extrait :






Ensuite, je me suis promenée dans le quartier ; j’ai voulu visiter le cimetière juif, mais il est fermé le dimanche, et ferme en semaine à 16h, donc je ne sais pas trop si j’aurai l’occasion d’y aller puisque je suis encore au travail à cette heure-ci… Et je suis allée voir le bout du Mur (le vrai, cette fois) qui est encore debout, et il y avait aussi un espèce de mémorial assez sobre à côté :












Enfin, fatiguée, moite de sueur, me voilà qui veut prendre le tram pour rentrer. Et à la station de tram, j’ai fait la connaissance d’une jeune Suisse de mon âge, avec sa mère (pas une pointe d’accent, jamais je n’aurais deviné qu’elles étaient suisses !). Donc on discute, elle me dit qu’elle vient d’arriver et est là pour un mois dans le cadre d’un échange linguistique. Elle avait l’air d’avoir un peu peur de la langue donc je l’ai rassurée (ben oui, chuis gentille !), et c’était cool de discuter comme ça, juste pour 15 minutes, avec quelqu’un d’inconnu, juste parce qu’on parle la même langue finalement !

Il fait si chaud...

Je sais, ça fait déjà quelques jours que je n’ai rien écrit, alors je vais corriger tout ça.
Tout d’abord, je voudrai commencer avec quelques photos que je qualifierais d’insolites, de choses que j’ai croisées cette semaine et qui m’ont fait rire…





Il faut aussi que vous sachiez qu’ici aussi, comme à Paris, il fait une chaleur d’enfer (35°C en plein soleil) depuis une semaine ; on est censés avoir de l’orage en début de semaine prochaine, donc j’attends ça avec impatience ! Et pour se rafraîchir, nous voilà partis hier pour le Schlachtensee. La capitale est entourée de forêts et de lacs (petits et grands) ;
pleine de très belles promenades, a pied, à vélo, et de plages officielles ou sauvages, à quelques stations de S-Bahn seulement de la porte de Brandebourg (des deux cotés, ouest et est). L’eau y est très propre, je pouvais voir mes pieds. Et c’est un délice de se baigner dans un lac, même si c’est assez prisé des Berlinois donc nous n’étions évidemment pas seuls. Voici quelques images pour vous donner un aperçu :











Je dois aussi vous raconter l’Abiball auquel j’ai été invitée le week-end dernier, mais comme ce n’est pas moi qui aie pris les photos, je vais d’abord essayer d’en récupérer quelques unes pour vous donner une idée.

Voilà ce sera tout pour aujourd'hui !